Comment les partenariats autochtones transforment l’hydroélectricité canadienne

Juin est le mois national de l’histoire autochtone, une période consacrée à la reconnaissance des histoires, des cultures, du leadership et des contributions des Premières Nations, des Inuit et des Métis partout au Canada. 

C’est aussi l’occasion de réfléchir à l’évolution des partenariats autochtones au sein du secteur hydroélectrique canadien. 

Pendant de nombreuses années, les discussions sur la participation autochtone au développement énergétique portaient souvent sur la consultation, l’accommodement et la gestion des impacts. Ces discussions demeurent importantes, mais elles ne suffisent plus à rendre compte de la réalité. 

Partout au Canada, les Nations et communautés autochtones participent de plus en plus à la définition de l’avenir du développement énergétique, à titre de propriétaires, d’employeurs, de partenaires commerciaux, de gestionnaires de l’environnement, de leaders et de décideurs. Les exemples présentés dans notre nouveau rapport, Visions d’avenir : voies de partenariat dans l’hydroélectricité canadienne, montrent que le partenariat devient plus diversifié, davantage ancré dans les communautés et mieux intégré à la conception, à la réalisation et à l’exploitation des projets. 

Ce qui ressort de ces récits, ce n’est pas un modèle unique, mais une transformation plus profonde de la façon dont on conçoit le partenariat. 

Le partenariat revêt désormais de multiples formes 

L’un des enseignements les plus clairs du rapport est que le partenariat véritable peut prendre de nombreuses formes. 

Au Nunavik, le projet Innavik Hydro a été développé selon une formule 50-50 entre la Pituvik Landholding Corporation et Innergex. Le projet contribue à réduire la dépendance d’Inukjuak au diesel tout en créant une participation économique à long terme et une autorité décisionnelle locale grâce à la propriété autochtone. Plutôt que de se limiter à la consultation ou à des ententes de partage des bénéfices, le partenariat repose sur la copropriété d’infrastructures énergétiques essentielles et sur les revenus à long terme qui en découlent. 

Dans le nord-ouest de l’Ontario, le partenariat entre les Nations indépendantes de Wabaseemong et Kiewit illustre une autre voie. Le partenariat s’y est exprimé par l’approvisionnement autochtone, la participation de la main-d’œuvre, les investissements communautaires et le développement des relations tout au long d’un grand projet de réhabilitation d’un barrage. Cinquante pour cent de l’étendue des travaux a été confié à un entrepreneur autochtone local, tandis que les travailleurs autochtones ont réalisé plus du tiers des heures en régie. Le résultat ne s’est pas limité à la livraison réussie du projet : il comprend aussi des investissements dans les infrastructures locales, les loisirs et la capacité communautaire à long terme. 

Les détails diffèrent, mais le principe sous-jacent est le même : les communautés participent de plus en plus au développement énergétique d’une manière qui reflète leurs propres priorités et aspirations. 

Au-delà de l’infrastructure 

Un autre thème qui traverse le rapport est que le partenariat s’étend de plus en plus au-delà de l’actif lui-même. Les projets hydroélectriques sont souvent abordés sous l’angle des mégawatts, des lignes de transport, des centrales et des calendriers de construction. Pourtant, bon nombre des exemples présentés dans Visions d’avenir portent en définitive sur les personnes, les relations et les retombées pour les communautés. 

Au Centre des visiteurs du barrage Saunders d’Ontario Power Generation, par exemple, un projet de jardin collaboratif développé avec des partenaires d’Akwesasne est devenu un espace d’éducation culturelle, de préservation de la langue, de gestion environnementale et d’apprentissage interculturel. La signalisation interprétative en mohawk, les programmes éducatifs, les jardins de plantes médicinales traditionnelles et les partenariats avec les écoles locales ont transformé le site en une salle de classe vivante qui contribue à transmettre les savoirs autochtones aux générations futures. 

Ce projet nous rappelle que le partenariat ne se mesure pas toujours en pourcentages de propriété ou en dollars d’approvisionnement. Il se traduit parfois par la création d’espaces qui favorisent la compréhension, la visibilité et le rapprochement. 

De même, les travaux d’Hydro-Québec auprès des communautés autochtones illustrent comment le développement de la main-d’œuvre et la transformation organisationnelle deviennent des dimensions de plus en plus importantes de la réconciliation. Par l’entremise de stages, de mentorat, d’initiatives de recrutement ciblées et de programmes de soutien aux employés autochtones, la société d’État contribue à créer des voies d’accès à des carrières dans l’ensemble du secteur énergétique, tout en s’efforçant de rendre sa propre organisation plus inclusive et plus sensible aux réalités culturelles. 

Ces exemples donnent à penser que les partenariats réussis sont de plus en plus évalués non seulement à l’aune de ce qui est construit, mais aussi à qui participe, à qui profite et aux possibilités qui émergent. 

Les relations sont au cœur du travail 

L’enseignement le plus important du rapport de cette année est peut-être que le partenariat véritable ne peut pas être précipité. Chaque récit du rapport témoigne d’années de développement des relations, de dialogue continu et de collaboration soutenue. La confiance ne s’est pas établie par une seule entente ou une étape de projet. Elle s’est construite grâce à un engagement constant, à la résolution partagée de problèmes et à une volonté d’apprendre les uns des autres au fil du temps. 

C’est particulièrement important dans un secteur où les infrastructures fonctionnent, souvent, pendant des générations. Les installations hydroélectriques sont des actifs à long terme. Les relations qui les entourent le sont également. 

Cette réalité est manifeste tout au long du rapport. Qu’il s’agisse de la propriété autochtone au Nunavik, des initiatives de formation de la main-d’œuvre au Manitoba, des projets d’éducation culturelle à Akwesasne ou des partenariats d’approvisionnement à Wabaseemong, le fil conducteur est le même : créer des bénéfices qui s’étendent au-delà de la durée immédiate d’un projet et contribuent aux priorités de la communauté à long terme. 

Perspectives d’avenir 

Le Canada entre dans une période de croissance électrique significative. 

Les gouvernements, les services publics, les Nations autochtones, les industries et les communautés se préparent à d’importants investissements dans la production, le transport, le stockage et la modernisation du réseau. Pour répondre à ces ambitions, il faudra du capital, des technologies, des travailleurs qualifiés et des cadres réglementaires efficaces. Il faudra aussi des partenariats solides. 

Les récits présentés dans Visions d’avenir ne proposent pas un modèle unique de réussite, ni ne laissent entendre que le travail est terminé. Ce qu’ils illustrent, c’est une transformation plus large du secteur hydroélectrique canadien, où les Nations et communautés autochtones participent de plus en plus à l’orientation des projets à titre de partenaires, de propriétaires, d’employeurs, de gardiens et de leaders. 

Les voies à suivre seront différentes dans chaque communauté. Ce qui demeure constant, c’est l’importance des relations fondées sur la confiance, le respect, le bénéfice mutuel et l’engagement à long terme. 

Visions d’avenir : voies de partenariat dans l’hydroélectricité canadienne paraîtra le 22 juin 2026. 

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